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6004 - [BR]Guingamp, ville relais de la révolte

br - Glad dre gomz 

Attention : pas de lieux

Gauthier AUBERT
Gautier Aubert est Maître de Conférences à l’université de Rennes II. Moderniste, il a soutenu sa thèse à Rennes sur Le président de Robien, gentilhomme et savant dans la Bretagne des Lumières.

Attention : pas d'illustration principale



[BR]La petite ville de Guingamp, aux portes de la Basse-Bretagne, a joué un rôle important dans la diffusion de la révolte vers l’ouest de la Bretagne. Fin mai 1675, comme ailleurs en Bretagne, la nouvelle arrive de Rennes que le roi ne cédera pas sur le front fiscal, et que partout où des troubles surviendront, l’armée sera envoyée. L’émotion est vive, mais la violence rebellionnaire retombe vite, et ne semble pas être aller très loin. La présence à Guingamp du marquis de La Coste, mandaté par le duc de Chaulnes pour veiller au bon déroulement du prélèvement des taxes en Basse-Bretagne, donne à l’affaire guingampaise un relief particulier. Le marquis entend en effet faire respecter l’autorité dont il est dépositaire et veut faire un exemple pour éviter la venue des troupes, afin de prouver le zèle des Bretons au service du roi. Les autorités locales, effrayées à l’idée d’avoir à subir la soldatesque, s’empressent alors d’agir et bientôt, deux femmes et un homme sont arrêtés. Marguerite Le Coat, femme vivant seule et bretonnante, sans doute donc la moins armée des trois prisonniers pour se défendre, est pendue. L’exemplaire répression guingampaise est autant un message envoyé au roi que les Bretons sont dans l’obéissance malgré quelques soubresauts populaires, qu’un signal adressé aux populations de Basse-Bretagne qui espèrent encore échapper à l’impôt. Quelques jours plus tard, la nouvelle que La Coste arrive du côté de Châteaulin où quelques mouvements antifiscaux ont eu lieu, provoque une émotion à partir de Briec, où s’organise une première chasse aux « gabelleurs ». La révolte des Bonnets rouges a commencé.


16740 - [BR] Rencontre avec Albert Poulain
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[BR] C’est en 1979 qu’Albert Poulain, grand collecteur de chansons et de contes du pays gallo, la rencontre : il enregistrera près d’elle une trentaine d’histoires (toutes consultables dans les archives sonores de Dastum) et sera marqué par sa personnalité et son art du conte. Il écrit à propos d’elle :

« La plus grande conteuse connue (…)

La mère Hurel savait vous recevoir, quand vous rentriez dans son logis après salutations d’usage et motif de votre visite. Sans préalable, elle se dirigeait vers l’armoire, y prenait un tablier neuf ou fraichement repassé, revenait à la cheminée et lui tournant le dos, commençait un conte : Le commis malin ou Bertelle de piaw, les Bandits du Poteau, ceux du Plessis de Haw, et du Pélican, ceux de l’hôtel, Sommes-nous sept, le Boucher et la Peyelle, La Main coupée de la fille aux crêpes, Les Sorciers volant jusqu’au pont de Saint-Nicolas, Le fameux Pigeon ramië, le Diable et le moulin de La Bosse, Le Taureau de la Bintinais, Les loups mangeurs de chien, la fille qui danse avec le Diable, et aussi le Grand Gargantua ou Gars Grand Tua, elle nous disait : « i të granwd ce Bonhomme-là » et nous citait une expression à son sujet. Je n’ai pas su si elle y croyait tant elle apportait de sincérité dans ses descriptions. Bien sûr, les avènements (ou prémonitions), revenants, venaient chaque fois dans nos rencontres pour vous décrire un monde où il était tout à fait courant d’évoquer et croire à l’invisible. Elle me disait « y a pas de jous où on n’veyë, où on n’ouayë " ».