Environnement de Production
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6147 - [BR]Lagunes et marais côtiers ou une vie qui ne manque pas de sel…
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Aurélia LACHAUD
Chargée de missions naturalistes à Bretagne Vivante, spécialisée dans l’étude de la flore et de la végétation mais curieuse depuis toujours des autres disciplines naturalistes, Aurélia Lachaud a grandit dans une famille de paludiers à Guérande. Les plantes, les oiseaux et la conservation des zones humides sont parmi ses principaux centres d’intérêts.

11545 - [BR] La Gorge-bleue à miroir de Nantes - Crédit : Aurélia Lachaud.
[BR]Protégés des assauts de l’océan, lagunes et marais côtiers sont des zones humides peu profondes où la hauteur d’eau et la salinité variables favorisent une biodiversité originale. La forte production biologique, proche de celle des estuaires, alimente une multitude de prédateurs dont poissons et oiseaux d’eau.
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[BR] Syrie, Irak, République Démocratique du Congo, Nigéria, Guinée, Soudan, Erythrée, Fédération de Russie, Ukraine… autant de pays dont la situation de guerre civile, les persécutions des minorités ethniques et religieuses, des opposants politiques génèrent aujourd’hui un grand nombre de réfugiés. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, en 2013, le nombre de réfugiés, de demandeurs d’asile et de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays a dépassé les 50 millions de personnes à travers le monde. En 2014, la France, quant à elle, a reconnu le statut de réfugié à 14 589 personnes. Au 31 décembre 2014, 193 552 personnes étaient placées sous la protection de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).
Comme l’ensemble du territoire français, la Région Bretagne connaît une importante augmentation du nombre de demandeurs d’asile depuis le début des années 2000 (multiplié par trois entre 2000 et 2012). Cela se traduit par l’ouverture de nouveaux centres d’accueil dans des petites villes qui, jusque-là, n’avaient que peu eu l’occasion de côtoyer des réfugiés. Les uns, invoquant la tradition d’accueil de la Bretagne, se mobilisent pour leur venir en aide, tandis que les autres, craignant que cette nouvelle population ne génère des problèmes, manifestent leur hostilité. Quoi qu’il en soit, en dix ans la capacité d’accueil des demandeurs d’asile a doublé, même si elle ne couvre pas tous les besoins : la Bretagne compte désormais douze centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) et un centre provisoire d’hébergement (CPH) pour un total de 950 places. Mais avant d’être admis dans un CADA, ils sont nombreux (près des trois quarts) à avoir recours au dispositif d’urgence (type 115). Un des enjeux de la réforme votée en juillet 2015 est de raccourcir tant le délai de traitement des demandes d’asile que le séjour passé en CADA pour protéger plus rapidement ceux qui en ont besoin, mais aussi faciliter le renvoi de ceux qui auront vu leur demande rejetée.
Sources : UNHCR, Ofrpa, DRJSCS Bretagne.
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[BR] Qu’ils se penchent sur notre berceau ou interviennent tardivement, les êtres imaginaires ont le fascinant pouvoir d’influencer notre destinée… et de transformer notre vrai conte de fées en véritable cauchemar. Quelques clés étymologiques pour mieux les comprendre :
Anges ou démons ? L’angélos et le daemon grecs désignant respectivement un messager et une divinité intermédiaire (par opposition à théos : dieu), ils conservent cette double identité décelable dans la théorie chrétienne des anges déchus .
Dérivé du latin genus, generis (naissance), le génie préside à la naissance et à la destinée d’un homme. De même racine, les Djinn du monde arabe sont les survivants d’une croyance pré-islamiste en des êtres malins polymorphes, dangereux mais également protecteurs. Esprits élémentaires créés par Allah avec du feu et de la fumée 2000 ans avant les hommes selon le Coran, ils furent, selon la littérature médiévale musulmane, les premiers habitants de la Terre avant de se rebeller contre le Créateur qui les refoula aux confins des zones habitées.
La fée doit son nom à la déesse de la destinée, l’implacable Fata , dont la fée marraine est la descendante la plus connue. Scindée en fées et farfadets, sa lignée est moins redoutable mais conserve sa fonction de messagère du destin.
Proche du farfadet, notre bien nommé lutin (de l’ancien français nuiton : nuit) se manifeste surtout la nuit : temps des rêves et des cauchemars. Du latin calcare (fouler, presser) et du néerlandais mare (fantôme), le cauchemar se traduit par une oppression expliquée ainsi : un esprit « fouleur » (fantôme ou démon) profite de notre sommeil pour nous écraser la poitrine. Quand il ne commet pas des obscénités sur nos innocentes personnes ! Le lutin lutineur : un fantasme ? Oui car fantasme est emprunté au grec phantasma qui signifie apparition, image, fantôme. Si le démon de midi n’épargne pas les créatures de la nuit, il faut admettre que les effets de notre imagination (du latin imaginatio : image, vision, faculté d’inventer des images) sont bien révélateurs.
17149 - [BR] Des zones humides entre terre et mer
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[BR] Localisés dans les indentations du Massif armoricain, les lagunes et marais côtiers sont plus nombreux et plus vastes dans les bas reliefs de la Bretagne sud. Ces zones humides sont protégées des rudesses de l’océan par des cordons littoraux de sable ou de galets. Ces milieux aquatiques restent cependant toujours alimentés, au moins périodiquement, en eau de mer. L’océan pénètre par percolation sous le cordon littoral, soit lors des tempêtes hivernales ou de grandes marées, soit par des chenaux de marée gérés par un système de vannes dans les marais aménagés.

11538 - [BR] Un chenal de marée - Crédit : Aurélia Lachaud

11539 - [BR] Les Parques (1888), Alfred Pierre Agache (1843-1915). Les trois implacables Parques fileuses de la mythologie romaine : l’une fabrique et tient le fil de la vie, la seconde le déroule, la troisième le coupe. - Images-art.fr. Musée des Beaux-Arts de Lille. Crédit: Photo (C) RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski
17151 - [BR] Une flore et une faune spécialisées
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[BR] Ces zones humides peu profondes se caractérisent par de fortes fluctuations du taux de salinité avec souvent une période d’assec estival. Seules quelques espèces adaptées, dites halophiles (de halos : sel et philein : aimer) ou subhalophiles, peuvent se développer dans ces conditions de vie très particulières. De l’automne au printemps, ces plans d’eau sont couverts d’herbiers aquatiques. Différentes espèces végétales peuvent se succéder en fonction de la variation de la salinité : Renoncule de Baudot, Zannichellie des marais et Zannichellie à feuilles obtuses, Potamot pectiné, Ruppie maritime puis Ruppie spiralée dans des conditions plus salées. Cette dernière peut produire jusqu’à 700 g de matière sèche par mètre carré et 600 graines au décimètre carré dans les bassins réservoirs des marais salants de Guérande.
Avec l’abaissement continu de la lame d’eau, succèderont sur les vases humides de petites plantes annuelles comme les salicornes ou encore le Chénopode à feuilles grasses.
Ces herbiers aquatiques et ces fonds argileux sont les supports de vie d’une faune liée aux milieux marins ou estuariens mais aussi d’espèces spécialisées des milieux lagunaires. Les insectes, crustacés, mollusques et vers composent l’essentiel de cette faune aquatique. Là encore les espèces sont peu nombreuses mais forment des peuplements denses. Les larves de chironomes, appréciées de nombreux prédateurs, peuvent compter jusqu’à 3 500 individus au mètre carré.
17152 - [BR] Une abondante ressource alimentaire mise à profit par les poissons et les oiseaux
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[BR] Ces plans d’eau à forte production biologique sont des nurseries appréciées par les alevins de nombreuses espèces de poissons qui s’y développent avant de rejoindre l’océan. Une dizaine d’espèces les fréquente, comme le bar, l’anguille, la plie ou encore la sole. La crevette Palaemontes varians, qui compte jusqu’à 280 individus au mètre carré dans certaines lagunes, est une proie de choix.
Cette ressource alimentaire abondante attire aussi de nombreux oiseaux d’eau. Plusieurs espèces patrimoniales y trouvent selon les sites des conditions favorables à la nidification et au nourrissage de leurs jeunes. L’Avocette élégante, l’Échasse blanche, le Chevalier gambette, le Gravelot à collier interrompu, la Sterne Pierre-Garin, la Gorge-bleue , le Tadorne de Belon sont des nicheurs habituels des marais côtiers du sud du Massif armoricain.
En période migratoire et en hivernage cette manne alimentaire concentre de fortes populations d’oiseaux inscrits à la Directive habitats. La plupart recherchent des proies animales : crustacés et petits poissons pour les hérons et spatules blanches, et divers invertébrés pour les limicoles . Les herbiers de ruppies nourrissent la Bernache cravant, et les graines des plantes halophiles, divers canards, comme la Sarcelle d’hiver.
Les roselières, riches en pucerons et autres invertébrés, accueillent des passereaux paludicoles en nidification ou en étapes migratoires.

11542 - [BR] idification de la spatule blanche à Guérande - Crédit : Aurélia Lachaud
17155 - [BR] Des milieux naturels sous haute protection
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[BR] Ces sites bénéficient d’une multitude de classements et/ou protections qui sont autant d’outils favorables à la conservation de cette biodiversité largement dépendante du maintien de la connexion hydraulique avec l’océan et de la maîtrise de la qualité de l’eau.
La lagune est considérée comme prioritaire pour sa conservation par la Directive habitats car elle est rare et menacée au niveau communautaire. La plupart de ces zones humides appartiennent donc au réseau Natura 2000, comme le Marais breton (85/44), les marais salants de Guérande et du Mès (44), les marais du golfe du Morbihan (56), le marais de Trévignon (29), la mer Blanche à Mousterlin (29), le site de Kergalan en baie d’Audierne (29).
BIBLIOGRAPHIE
[BR]Wetlands International (2016) - "Waterbird Population Estimates". Retrieved from wpe.wetlands.org
Anras L. & al (2004) – Les marais salés atlantiques : mieux connaître pour mieux gérer, Cahier technique, Forum des Marais atlantiques, 76 p.