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6156 - [BR]Les mégalithes des Landes de Lanvaux
br - Istor Istor  - Rennes - LanvauxPhilippe GOUEZIN
Archéologue préhistorien, spécialiste du mégalithisme régional depuis une trentaine d’années. Doctorant à l’université de Rennes 1 sur le thème des mégalithismes du département du Morbihan, il en effectue une analyse architecturale. Il travaille au Conseil Départemental du Morbihan sur la valorisation des sites et effectue des fouilles archéologiques et des inventaires. Quelques publications dont deux inventaires sur les mégalithes du Morbihan intérieur et littoral et une étude du site d’Er Lannic dans le golfe du Morbihan.

11570 - [BR] Cairn de Larcuste (Colpo) - Crédit : Philippe Gouezin.
[BR]L’intérieur de la Bretagne a longtemps été délaissé par les archéologues. Le massif des Landes de Lanvaux est pourtant un espace privilégié d’implantation de mégalithes et ceci à toutes les étapes chronologiques de la période néolithique.
Sous-dossiers
17167 - [BR] La jeune garde
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[BR] C’est dans cette structure que commencent à militer de jeunes étudiants rennais, à l’instar de Ronan Leprohon, Yann-Cheun Veillard ou Loeiz Le Bec. Sensibles aux idées socialistes, militants à l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), mobilisés contre la guerre d’Algérie, ils se sentent de moins en moins à leur place dans un parti verrouillé par la vieille garde nationaliste, qui refuse même en 1962 de condamner l’Organisation armée secrète (OAS). Quand le Comité d’action pour la Bretagne, regroupement éphémère d’organisations de la gauche bretonne en 1963-1964, refuse l’adhésion du MOB, la jeune garde marxisante du parti saute le pas et fait scission.

11552 - [BR] 5 janvier 1964, fondation de l’UDB: Jean Guéguéniat, Jean Paul Le Berre, Loeiz Le Bec - Archives UDB. Photo Yann-Ber Piriou
17168 - [BR] Géographie et morphologie
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[BR] Le trait physique majeur de ce massif est un affleurement granitique qui se présente sous la forme d’une longue crête de 90 km, large de 6 à 10 km, orientée est-ouest. Ce premier contrefort de la Bretagne sud a une altitude s’échelonnant entre 70 et 165 mètres. L’arénisation de ce massif a laissé visibles des formations importantes de chaos granitiques. Les populations néolithiques ne manqueront pas d’y associer certains mégalithes.

11553 - [BR] Mégalithisme des Landes de Lanvaux - BCD
17169 - [BR] Autonomiste et de gauche
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[BR] Le 4 janvier 1964, ils sont seize jeunes à se réunir pour créer l’Union démocratique bretonne (UDB), un parti autonomiste breton explicitement ancré à gauche. Si la charte adoptée à l’occasion affirme la « vocation nationale de la Bretagne », elle prône également « la disparition du libéralisme économique », préconise « la primauté du travail sur le capital » et défend « la nécessité d’une planification de l’économie ». C’est une double tâche que se donne donc le nouveau parti : développer les idées de gauche au sein du mouvement breton, l’Emsav, et, plus encore, faire accepter la légitimité de ses revendications régionalistes par la gauche traditionnelle française. Le premier combat de l’UDB, dans le monde très polarisé de l’époque, est d’ailleurs de se faire accepter par les autres partis de gauche, la SFIO, le PSU et le PCF. Ce qui ne se fait pas sans peine, tant l’ensemble des autonomistes bretons est encore assimilé aux collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale, appelés de manière générique les « Breiz atao ». Dès 1965, l’UDB apporte pourtant son soutien à François Mitterrand à l’occasion de la première élection présidentielle au suffrage universel.
17173 - [BR] Historique des travaux
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[BR] Nos prédécesseurs archéologues, comme Louis Marsille, Ernest Rialan ou encore Fernand et Henri de Cussé, firent de brèves opérations archéologiques. Nous devons au comte de La Fruglaye le premier rapport de fouilles effectuées sur un dolmen de la commune de Moustoir-Ac en 1856. Les premières fouilles modernes apparaîtront de 1967 à 1976 sous l’impulsion de Jean L’Helgouach et Joël Le Cornec.
17171 - [BR] Une percée entravée
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[BR] Pour mener son combat politique, l’UDB se dote dès sa fondation, d’un organe, Le Peuple breton, qu’elle publie sans faille depuis, et qui lui sert à diffuser ses idées. Ainsi, elle y développe dès les années 1960 la thématique « Bretagne = colonie », qui deviendra son slogan marquant des années 1970. Après 1968, le parti connaît une décennie de croissance, jusqu’à revendiquer 2 000 adhérents en 1980. Les années 1980 en revanche voient le parti en déroute alors que certaines de ses idées sont reprises par le PS, au pouvoir. Après une modernisation doctrinale dans les années 1990 et le renforcement des liens avec des partis similaires en France (au sein de Régions et Peuples solidaires) et en Europe (au sein de l’Alliance libre européenne), l’UDB connaît un redémarrage dans les années 2000, avec notamment son entrée au conseil régional de Bretagne en 2004, en alliance avec Les Verts, et l’élection d’un premier député, Paul Molac, en 2012.

11555 - [BR] Affiche Bretagne colonie - Fonds Pierre Morvan. Photo Xavier Dubois
17175 - [BR] L’originalité du mégalithisme
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[BR] Moins spectaculaires que certains monuments situés sur le littoral, les mégalithes des Landes de Lanvaux en font, par leur variabilité architecturale, une région à grande valeur patrimoniale. Le gigantisme est moins présent mais les aspects architecturaux sont souvent atypiques. Ils s’articulent parfois avec des éléments environnementaux. Une relation privilégiée avec le monde minéral est bien visible.
17174 - [BR] Bilan
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[BR] Quel bilan faire de cinquante ans d’existence de l’UDB ? Indéniablement, parmi les partis issus de l’Emsav, l’UDB est celui qui s’est le mieux installé dans le paysage politique breton, a atteint la plus grande stabilité et crédibilité, et a le mieux intégré les institutions. L’UDB, aux côtés, certes, d’autres acteurs, a en outre réalisé un de ses objectifs premiers, qui était de réconcilier la gauche avec la question bretonne. Autre victoire importante, elle a réussi à légitimer la revendication autonomiste, à se faire accepter comme parti reconnu et fiable, y compris parmi les opposants aux idées qu’elle porte.
L’UDB a eu une influence indéniable sur des questions clés qui ont traversé et traversent encore la société bretonne, comme le devenir des langues régionales, la décentralisation, le modèle de développement régional, les inégalités territoriales ou le combat pour la réunification de la Bretagne. Le parti a été une boîte à idées particulièrement fertile ces cinquante dernières années, non seulement sur les questions institutionnelles et culturelles, mais aussi sur les questions agricoles, maritimes ou énergétiques.
17177 - [BR] Espaces des vivants, espaces des morts
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[BR] Mutation économique néolithique et identité collective des populations vont s’exprimer au travers d’espaces différenciés. Celui des vivants avec la mise en place de dispositifs de pierres dressées, celui des morts avec la mise en œuvre d’espaces sépulcraux (tumulus et dolmens). La construction de maisons des morts au même niveau que celles des vivants est révélatrice d’une relation particulière entre les deux entités. Des mimétismes de formes et d’implantations sont nettement identifiés. Les projets architecturaux et les matériaux employés seront combinés et apporteront une importante variabilité architecturale.
17179 - [BR] Les dolmens à couloir
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[BR] La présence de dolmens à couloir à l’intérieur des terres est anecdotique, mais le secteur des Landes de Lanvaux présente une quantité non négligeable de ce type architectural (Coëby à Trédion, Hardys Béhellec à Saint-Marcel). L’ensemble de Larcuste à Colpo se compose de deux cairns dont un comprend deux dolmens à couloirs et l’autre un dolmen dont le couloir dessert de multiples chambrettes.

11560 - [BR] Vue au-dessus des chambrettes du cairn de Larcuste (Colpo). - Crédit : Daniel Le Couédic
17185 - [BR] Les dolmens angevins
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[BR] Ce type architectural, principalement centré dans le Saumurois et l’Anjou, est connu dans l’est du département du Morbihan (La Ville-au-Voyer à La Chapelle-Caro et le dolmen des Follets à Saint-Gravé). Il se caractérise par des chambres sépulcrales rectangulaires de grandes dimensions, précédées d’un portique d’accès court, plus étroit et plus bas. La tombe est souvent subdivisée par une ou plusieurs cloisons.
Les dolmens à couloir sont orientés dans le quadrant sud-est de notre rose des vents et peu se trouvent en corrélation directe avec un axe remarquable de solstice ou d’équinoxe.
17188 - [BR] Les dolmens en allée couverte
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[BR] Une multitude de dolmens en allée couverte couvre le territoire des Landes de Lanvaux. Ces sépultures collectives occupent souvent les bords du plateau de Lanvaux. Elles ne présentent plus de couloir d’accès mais un petit vestibule d’entrée situé dans le prolongement de l’espace sépulcral allongé. Une dalle de chevet termine le fond de la sépulture. Un tumulus enveloppe la tombe dans la stricte nécessité de maintien de l’ensemble. Quelques-uns montrent une entrée latérale mais ils sont peu nombreux en Armorique.
Les dolmens en allée couverte aux parois arc-boutées montrent des dalles qui se rejoignent à leur sommet pour former un toit. Certaines possèdent encore leurs dalles de couverture (dolmen de La Loge-au-Loup à Trédion). Tout aussi atypiques sont les dolmens en allée couverte présentant une architecture mixte qui associe rocher naturel et dalles verticalisées (Pont-Bertho et Menguen-Lanvaux à Plaudren).

11563 - [BR] Allée couverte de Mein Gouarec (Plaudren) - Crédit : Daniel Le Couédic
17191 - [BR] Les dolmens sans couloir d’accès
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[BR] Ils datent du Néolithique récent, vers 2000 ans avant J.-C., et ont livré quelques éléments de tradition campaniforme.

11567 - [BR] Dolmen sans couloir du Roh-Du (La Chapelle Neuve) - Crédit : Daniel Le Couédic
17193 - [BR] Les pierres dressées
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[BR] Les pierres dressées représentent 40 % des dispositifs mégalithiques. Leurs positions géographique et topographique sont très variables, sans qu’il y ait d’emplacements privilégiés. Notons ceux du Boisker et de Kermarquer à Moustoir-Ac, de Regnon à Pleucadeuc, du Bignon à Saint-Guyomard.
L’alignement de Kersolan à Languidic avait à l’origine plusieurs centaines de blocs. Sur une file unique, celui de Kornevec à Camors montre quelques dizaines de dalles disposées sur 400 m avec une hauteur croissante des monolithes.
17195 - [BR] Conclusion
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[BR] Les traces d’habitats sont rares et encore trop peu étudiées. Le monde des vivants est pourtant directement lié au domaine des morts. La mémoire des ancêtres semble avoir conditionné certains lieux d’implantation de mégalithes et œuvré en faveur d’une continuité cultuelle.
BIBLIOGRAPHIE
[BR]Giot Pierre-Roland, Monnier Jean-Laurent, L’Helgouach Jean, Préhistoire de la Bretagne, Rennes, Éditions Ouest-France, 1998, 589 p.
Gouézin Philippe, Les Mégalithes du Morbihan intérieur. Des Landes de Lanvaux au nord du département, Collection Patrimoine archéologique de Bretagne, Institut culturel de Bretagne, Laboratoire d’Anthropologie-Préhistoire (UPR 403 CNRS), université de Rennes I, 1994, 127 p.
L’Helgouach Jean, Le Cornec Joël, Le site mégalithique de Min-Goh-Ru près de Larcuste à Colpo (Morbihan), BSPF n° 73, 1976, p. 370-397.
Joussaume Roger, Des dolmens pour les morts. Les mégalithismes à travers le monde, Hachette, 1985, 400 p.
Laporte Luc, Le Roux Charles-Tanguy, Bâtisseurs du Néolithique, Mégalithismes de la France de l’Ouest, Collection Terres mégalithiques, dirigée par J. Tarrête, La Maison des Roches, 2004, 128 p.
Laporte Luc, Jallot Luc, Sohn Maïténa, « Mégalithismes en France, nouveaux acquis et nouvelles perspectives de recherche », Gallia Préhistoire n° 53, 2011, p. 289-338.
Tinevez Jean-Yves, « La sépulture à entrée latérale de Beaumont en Saint-Laurent-sur-Oust », Revue archéologique de l’Ouest, n° 5, 1988, p. 55-78.